Avec un plan de récupération automobile aux accents très français, la question de la fabrication sur le territoire redevient d’actualité. Mais quelles sont les voitures électriques réellement produites en France ? Automobile Clean fait le point. Origine française garantie, « made in France »… beaucoup associent à tort la marque française et la production locale. En réalité, il est plus complexe et les sites de production varient considérablement en fonction des véhicules et des stratégies entreprises par les constructeurs. Pour voir plus clairement, voici la liste des voitures électriques fabriquées en France et, plus largement, les endroits où les véhicules électriques sont les plus vendus sur le marché français.
ZOE, Kangoo, Smart et DS3, en attente 3008
Dans le paysage des véhicules électriques produits en France, quelques modèles tiennent le haut du pavé. La Renault ZOE, emblème de la mobilité électrique tricolore, continue d’être assemblée à Flins (78) depuis le lancement de sa seconde génération fin 2019. Pourtant, l’avenir de ce site reste incertain, alors que Renault prévoit d’annoncer un plan de relance le 29 mai. Toujours sous la bannière Renault, le Kangoo Z.E. sort des chaînes de Maubeuge (59) depuis déjà de nombreuses années, et une nouvelle version est attendue pour 2021.
Il existe aussi des modèles produits en France mais qui ne portent pas le losange. C’est le cas de la Smart fortwo, citadine allemande qui, dans sa version électrique EQ, est fabriquée à Hambach, en Moselle. Cette implantation locale touche à sa fin : la prise de participation de Geely entraînera le transfert de la production vers la Chine dès 2022. Pour éviter de fermer le site, Mercedes prévoit d’y assembler les EQA et EQB à partir de la fin 2020.
Autre exemple, la DS 3 Crossback E-Tense. Derrière son marketing résolument tricolore, ce SUV compact électrique sort bien des chaînes de Poissy (78). Peugeot, de son côté, prépare l’arrivée de la e-3008, qui sera produite à Sochaux (25) dans les prochains mois. Renault n’est pas en reste : son futur SUV électrique, inspiré du showcar Morphoz et reposant sur la plateforme CMF-EV de l’Alliance, sera assemblé à Douai (59), avec un lancement industriel prévu pour la fin 2021.
À l’Est, beaucoup de nouveautés
Au-delà de ces modèles électriques portant le label « Made in France », il est utile d’identifier où sont réellement produits les dix modèles français les plus connus. Les lignes qui suivent détaillent les origines de fabrication de ces véhicules, révélant une carte bien plus européenne, et mondiale, que la simple étiquette nationale ne le laisse supposer.
- La Peugeot e-208, nouveau visage de la gamme, sort des ateliers de Novo Mesto, en Slovaquie.
- La e-2008, version SUV, est produite à Vigo, en Espagne, loin des frontières françaises.
- La Tesla Model 3, régulièrement en tête des ventes, est pour l’instant importée de Fremont, en Californie. Toutefois, dès 2021, une partie de la production européenne viendra de la Gigafactory de Berlin.
- La Kia e-Niro, quant à elle, arrive de Hwaseong, en Corée du Sud.
- Le Hyundai Kona électrique a, lui, traversé la moitié du continent : depuis le printemps 2020, la version 64 kWh est assemblée à Nosovice, en République tchèque.
- La Citroën C-ZERO, jumelle de la Mitsubishi i-MiEV, continue d’être importée du Japon, tout comme la Peugeot iON.
- La Nissan LEAF, pionnière du segment, quitte l’usine de Sunderland, au Royaume-Uni.
- La BMW i3 est produite à Leipzig, en Allemagne.
- La Volkswagen e-up ! est assemblée à Bratislava avec ses cousines de chez Skoda et SEAT.
- Enfin, la Renault Twingo Z.E., dont la production débute à l’automne 2020, sera également fabriquée à Novo Mesto, en Slovaquie, aux côtés de la Smart forfour EQ.
Voici où s’assemblent les principaux modèles électriques liés à des marques françaises ou vendus massivement sur le marché hexagonal :
En observant cette mosaïque industrielle, il devient évident que l’étiquette « française » recouvre une réalité complexe, faite de stratégies globales et d’alliances internationales. Les berlines, SUV et citadines électriques que l’on croise au coin de la rue naissent aussi bien en Île-de-France qu’en Slovaquie, en Moselle qu’en Corée du Sud, ou encore en Californie.
Demain, la carte de la production auto continuera d’évoluer, suivant les choix industriels, les exigences écologiques et les mouvements des multinationales. Sur les parkings et dans les garages, la diversité des plaques et des origines s’affichera à chaque démarrage, un simple regard sous le capot suffit parfois à traverser plusieurs frontières d’un coup d’œil.


