Vous préférez le vin ou la tequila ? Les deux ont leur place. Le vin vous fera vous sentir détendu. En raison de sa faible teneur en alcool, le vin peut fournir une gamme étendue et peut être trouvé beaucoup plus facile que son alternative à forte teneur en alcool. Le gaz de pompe à 91 octane est le vin des options de carburant. En revanche, le choix de la tequila peut ne pas vous laisser aller à la même distance, mais vous y arriverez certainement plus vite. E85 est la tequila des options de carburant. Évidemment, nous ne prônerions jamais l’alcool et la conduite (alors ne le faites pas), mais si vous connaissez la différence entre une nuit de dégustation de vin et une nuit de tirs de tequila, vous pouvez vous rapporter à la ressemblance entre 91 octane et E85.
Vin : 91-Octane
L’indice d’octane du carburant que vous trouvez à la pompe joue un rôle central : il permet à votre moteur de résister au cliquetis, phénomène indésirable qui menace la mécanique. Les moteurs suralimentés raffolent de ce carburant plus riche en octane, car la pression dans les cylindres monte en flèche. Plus d’octane, plus d’énergie mécanique possible sans risque de pré-détonation. En revanche, sur une voiture non préparée pour, mettre du carburant à indice élevé ne changera rien à votre expérience, ni sur la route, ni sous le capot. Le parallèle est simple : le 91 octane est partout, comme le vin dans les rayons, mais pour trouver l’équivalent de la tequila, un carburant qui décoiffe, il faut fouiller un peu plus loin.
Tequila : E85 Carburant
L’E85, c’est 85 % d’éthanol et 15 % d’essence. Certains l’appellent « le carburant de course des budgets serrés ». Ce n’est pas volé. Avec autant d’éthanol, l’E85 embarque près de 30 % d’oxygène et laisse loin derrière les soucis de corrosion qu’on peut rencontrer avec le méthanol. Son autre atout : il naît de matières organiques, donc renouvelable. Utiliser l’E85, c’est offrir à son moteur une combustion plus propre, une température de fonctionnement plus basse, un indice d’octane élevé et une nette montée en puissance.
Les bons moments
En installant un kit E85, vous injectez plus d’oxygène dans votre mélange, ce qui permet d’augmenter significativement la puissance sans toucher au niveau de suralimentation. Pendant que l’essence s’atomise dans le moteur, l’éthanol se vaporise et absorbe la chaleur. Résultat : l’E85 fait une bonne partie du boulot d’un intercooler, gardant l’air plus frais et allégeant la facture de certains upgrades. Sa forte teneur en éthanol protège aussi contre la détonation. Et le prix à la pompe ? Bien inférieur à celui du 91 classique. Mais il n’y a pas que des avantages. Comme la tequila, l’E85 a son revers : la « gueule de bois ».
La gueule de bois
L’E85 coûte moins cher au litre, mais il renferme moins d’énergie que l’essence pure. Résultat : la consommation grimpe. Autre difficulté : la disponibilité. Là où le sans-plomb se trouve à chaque coin de rue, l’E85 demande parfois de chercher un peu. Certaines régions restent même à l’écart du carburant alternatif, forçant à jongler entre stations ou à revoir ses plans. Ces contraintes restent limitées, mais avant de filer vers la première pompe E85 venue, vérifiez que votre véhicule peut encaisser ce carburant.
Votre voiture est-elle prête ?
Si votre véhicule ne porte pas la mention « Flex Fuel », il n’est probablement pas prêt pour l’E85. Heureusement, des entreprises comme COBB Tuning proposent des solutions adaptables, simples à installer. Un kit plug-and-play comme celui-ci permet de convertir votre voiture pour accepter le carburant flexible. Après installation, il faudra reprogrammer l’ECU : les tuners élaborent alors une cartographie sur mesure, capable de s’ajuster entre E0 et E99. Le capteur analyse à la volée la teneur en éthanol du carburant et ajuste le fonctionnement moteur, qu’il s’agisse de 91 octane, d’E85 pur ou de toute combinaison entre les deux.
Mais ce n’est pas tout. Selon la configuration de votre système d’alimentation, une mise à niveau de la pompe ou des injecteurs peut s’avérer nécessaire, surtout si ceux d’origine approchent leurs limites. Avec l’E85, il faut injecter environ 35 % de carburant en plus. Si vos équipements peuvent suivre, pas besoin de les remplacer. Dans le cas contraire, multipliez simplement votre débit actuel par 1,35 pour connaître la capacité requise.
Nos Tests
Pour nous, le banc d’essai s’est appelé Subaru WRX D’GARAGE 2019. Ce modèle, poussé par le bloc FA20DIT turbocompressé, réclamait plus de puissance, un meilleur refroidissement et la possibilité de passer à l’E85 à volonté. Nous avons misé sur le kit capteur d’éthanol Cobb Flex. Ce kit comprend un boîtier de conversion robuste, des connecteurs électriques, la ligne de carburant et le capteur d’éthanol. Le tout fonctionne en tandem avec notre Cobb Accessport, sous l’œil expert de Mike McGinnis, étalonneur R&D chez Cobb Tuning.
La nouvelle admission Cobb SF, avec son boîtier de capteur MAF élargi, permet de mesurer plus d’air sans saturer le capteur. Grâce à l’admission et au réglage, le gain a atteint 7 chevaux aux roues et 16 lb-pi de couple supplémentaires.
Tirs
Une fois le kit en place, place à l’E85. Nous avons conservé le même niveau de suralimentation, et les résultats ont parlé : 364,18 whp et 344,08 lb-pi de couple en pointe. Cela représente une augmentation spectaculaire de 101,09 whp et 49,55 lb-pi de couple. Soit +38 % de puissance maximale aux roues, +17 % de couple, le tout grâce à l’upgrade la plus simple et rentable qu’on puisse imaginer avant de toucher au turbo. Autre constat marquant : les courbes de puissance et de couple ne s’effondrent plus prématurément vers 5 200 tr/min (ou 4 500 tr/min pour le couple), elles montent bien plus loin, offrant des accélérations franches, progressives et maîtrisées.
La ligne de fond
Avec l’E85, tout est question de flexibilité et d’opportunités. La disponibilité du carburant conditionne l’expérience, mais en installant un kit flex-fuel plutôt qu’une cartographie dédiée E85, ce problème s’efface. Vous choisissez le carburant à votre guise, ajustez selon l’offre ou l’envie, et profitez d’une transformation spectaculaire. Sur notre WRX, le passage à l’E85 a offert plus de 100 whp et 50 lb-pi de couple (avec une limite de sécurité posée par Mike McGinnis). Cette étape s’est imposée comme la plus rentable avant même d’envisager l’intercooler ou d’autres modifications lourdes. Et ce n’est qu’un début : la WRX continue sa métamorphose, prête à affronter la Civic Si sur la piste. Le vrai défi ne fait que commencer.


